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Le secteur du spectacle vivant compte parmi les branches de l’économie de la culture en France, se structure autour des deux secteurs, public et privé, et rassemble une variété d’acteurs et de lieux de représentation. Peu souvent mis en lumière pour sa réalité économique, il témoigne pourtant d’un grand dynamisme.


Une récente étude a été publiée dans le cadre de la conférence pour l’emploi dans le spectacle, qui s’est tenue les 15 et 16 octobre 2015. Cette étude met en lumière un certain nombre d’éléments chiffrés portant sur la situation des entreprises et de l’emploi de ce secteur en pleine effervescence.

Remarque : dans les données ci-dessous, la notion de spectacle englobe le spectacle vivant et le spectacle enregistré (audiovisuel : radio, cinéma, télévision, vidéo, disque, etc.).

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Il en ressort principalement que le secteur du spectacle, et notamment le spectacle vivant, connaît une forte croissance depuis plus d’une dizaine d’années : augmentation du nombre d’employeurs, de salariés, multiplication des signatures de CDI…cette hausse touche également le nombre d’intermittents, qui progresse fortement.

Etude complète publiée en 2015 par la Conférence pour l’Emploi dans le Spectacle Vivant : éléments de diagnostic sur la situation des entreprises et de l’emploi dans le spectacle vivant, le cinéma et l’audiovisuel.

Données macro-économiques

A voir également : Chiffres Clés : Partie économie de la culture – Statistiques du Ministère de la Culture et de la Communication 2018 (basées sur des chiffres de 2016)

Depuis plus de vingt ans, la production des secteurs du spectacle (vivant et audiovisuels) a progressé à un rythme supérieur à celui de l’économie pour atteindre 40,5 milliards d’euros en 2013 (44,5 milliards en 2015), soit près de 50 % de l’économie du secteur culturel (env. 88 milliards). La culture représente 2,2% du poids de l’économie française.

L’audiovisuel représente près de 30% de l’économie de la culture, le spectacle vivant environ 15%.

De 2000 à 2013, le chiffre d’affaires (CA) des secteurs du spectacle a augmenté de 12 %, soit une croissance nettement supérieure à celle de l’ensemble de l’économie (+8 % sur la même période). Au sein des secteurs du spectacle, le spectacle vivant est le secteur qui a le plus progressé sur la période avec un taux de croissance de son CA de +25 % contre +7 % seulement pour l’audiovisuel.

Cependant depuis 2015, baisse significative notamment induite par les attentats (baisse fréquentation, hausse coût sécurité).

Typologie des structures du spectacle vivant et emplois

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Associations

En France, 1,3 millions d’associations actives dont 268 000 dans le secteur culturel (21%) et près de 100 000 dans le spectacle vivant (37% des associations du secteur culturel). 43 000 associations du spectacle vivant sont employeuses, soit environ 43 000 associations employeuses. Dans les associations employeuses, près des 3/4 des emplois sont à temps partiels.

Entreprises

Dans le secteur culturel, les structures sous forme d’entreprises ou sociétés sont principalement concentrées dans le secteur marchand et dans les industries culturelles et créatives. On compte 142 000 entreprises dans le secteur culturel dont 15 à 20 000 dans le secteur du spectacle vivant. 95% des entreprises comptent moins de 10 salariés.

Emploi

L’une des principales caractéristiques qui se dégage de l’analyse des employeurs du spectacle vivant est la forte proportion d’entreprises ayant une masse salariale inférieure à 30 000 euros par an (65% des employeurs). 8% des entreprises concentrent 71% de la masse salariale. 54% des entreprises n’ont pas de permanents. Les emplois sont souvent à temps partiels.

Parmi les 380 000 salariés du spectacle (vivant et enregistré), dont 90% sont employés par des entreprises de spectacle, 127 000 personnes sont des « salariés intermittents » (indemnisés) soit plus du tiers de l’ensemble. Ce chiffre a connu une augmentation de 20% entre 2000 et 2013, ce qui représente une hausse 24 000 personnes.

Tendance au développement de l’activité non salariée : Entre 2008 et 2011, le nombre de personnes déclarant une activité non-salariée dans les secteurs des spectacles est passé de 10 000 à 17 000. Cette hausse a été portée par l’arrivée des autoentrepreneurs dont la part est passée de 22 % en 2009 à 41 %. Les auto-entrepreneurs du spectacle se sont portés davantage vers le spectacle vivant (ils représentaient 13 % des non-salariés en 2009, 23 % en 2011) que vers l’audiovisuel (9 % en 2009, 18 % en 2011).

 


Qu’en est-il du spectacle vivant en tant que tel ? (4 disciplines : musique, théâtre, la danse et arts de la rue)

Aperçu en 8 chiffres de ce pilier de l’activité culturelle française.

Source : Coulisses – Chiffres clés du spectacle vivant 

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  • Un chiffre d’affaires de 8,38 milliards d’euros
  • 150 000 emplois directs (artistes, techniciens…)
  • 43 000 associations culturelles dédiées au spectacle vivant
  • Près de 19 160 entreprises
  • 719 millions d’euros de subventions du ministère de la Culture
  • 79,4 millions d’euros de droits d’auteurs générés
  • 2 984 millions d’euros de billetterie
  • 127 000 événements musicaux qui représentent 10% des perceptions Sacem.

Le financement de la culture en France

1/ L’Etat : des financements diversifiés qui passent par différents canaux :

– le budget du Ministère de la culture et de la communication (7,3 milliards d’euros en 2016) ;

– les dépenses culturelles dans les autres ministères (4 milliards d’euros en 2013)

– les taux réduits de TVA ;

– des taxes fiscales affectées au financement de la culture et de la communication : 34 millions d’euros en 2015 (ASTP et CNV) ;

– les aides à l’export, notamment sous la forme de financements européens ;

– les dépenses fiscales en matière de culture et de communication, notamment sous la forme du CICE en faveur des entreprises de spectacle.

En 2016, le budget du ministère de la Culture et de la Communication augmente de 2,7 % par rapport à la loi de finances pour 2015 (+190 millions d’euros). Il s’élèvera à 7,3 milliards d’euros, dont :

– 2,9 milliards d’euros consacrés aux secteurs de la culture et de la recherche ;

– 3,9 milliards d’euros consacrés à l’audiovisuel public.

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2/ Le financement par les collectivités territoriales : une hausse sur longue période dont la poursuite n’est pas assurée

Les dépenses pour les activités du spectacle des communes de plus de 10 000 habitants et des intercommunalités représentent 34 % de l’ensemble de leurs dépenses culturelles en 2010. Ces dépenses ont augmenté depuis 2002, passant de 1 379 millions d’euros à 1 881 millions en 2010. Toutefois, la part qu’elles représentent dans les budgets des collectivités territoriales est restée stable. Elle était de 35 % en 2006 et de 34 % en 2002. La hausse en volume de +36 % du financement des collectivités territoriales enregistrée entre 2002 et 2010 est à mettre en regard avec l’augmentation de leur budget (effet des politiques de déconcentration).

Quelques chiffres propres au spectacle vivant 

Nombre de créations de spectacle / an : très difficile à chiffrer, plusieurs milliers par an (5000 d’après Les entretiens de Valois en 2009)

2600 ensembles et compagnies (mais aussi des conteurs, compagnies ou ensembles non structurés, etc.), un spectacle tourne en moyenne 9 fois.

40 centres dramatiques nationaux et régionaux,

19 centres chorégraphiques nationaux ,

12 opéras en régions,

22 orchestres permanents,

70 scènes nationales,

8 centres de création musicale,

95 scènes conventionnées,

132 salles de musiques actuelles,

des centaines d’autres lieux de création ou de diffusion,

En tout, plus de 2 000 lieux de représentations et plus de 1 500 festivals.

Enfin, on ne compte plus les centaines de milliers de représentations annuelles organisées par des entrepreneurs occasionnels (comités des fêtes, comités d’entreprises, etc.).